Sans compromis

Faire le choix d'une grossesse sans aucun suivi; cheminement vers un accouchement non-assisté.

28 janvier 2008

Mon chemin vers une naissance libre, par Dali

Alors là, j'ai un super cadeau pour vous ( merci Dali! ) Régalez-vous :-)))

Mon chemin vers une naissance libre

Mes deux premières grossesses ont été très médicalisées. Bon nombre de personnes sont « intervenues » sur mon corps et sur celui de mes enfants, ce que j’ai fortement ressenti comme une violence. J’ai alors choisi pour ma troisième grossesse d’être accompagnée par une sage-femme pratiquant des accouchements à domicile. J’étais convaincue qu’ainsi je serai à l’abri de l’interventionnisme caractéristique des « structures » et qu’en dehors de celles-ci, je serai enfin maîtresse de mon corps, libre de vivre cette naissance selon mon ressenti et mon instinct. C’est ainsi qu’Adam est né à la maison. Un accouchement facile, rapide, puissant. J’ai vraiment été régénérée, restaurée, réparée par cette expérience qui a été le point d’accélération d’une réflexion sur l’autonomie entamée deux ans plus tôt.

Cependant, il me restait très peu de souvenirs de cet accouchement, quelques sensations visuelles de clarté ou d’obscurité, des sons ou plutôt des murmures, beaucoup de sensations « internes » pour lesquelles je ne connais pas de mot. En dehors de ce ressenti très intime, très centré sur ces sensations internes, j’ai perçu très peu de choses venant de l’extérieur : sans doute, l’effet d’une abondance d’endorphines !

Je n’ai jamais écrit de « récit de naissance » car je n’avais (pensais n’avoir) rien à en dire, étant donné la confusion de mes souvenirs. Je me suis alors  passionnée pour les récits de naissance des autres (dont les descriptions détaillées m’ont toujours impressionnée), comme si je pouvais y retrouver mon histoire, des indices de ce qui s’était passé pour moi. Puis un jour, j’ai lu le témoignage d’une amie chère qui avait été accompagnée par la même sage-femme que moi et à cet instant, plusieurs choses sont advenues à ma conscience, des ressentis sous-terrains incompréhensibles se sont mués en évidences absolues.

Je me suis souvenue des incursions intempestives, foetoscope en main, de ma sage-femme dans la chambre où je m’étais isolée, pour « écouter le cœur du bébé », des quelques positions inconfortables qu’elle m’a faite adoptée, des indications de poussée que j’ai reçues. J’ai compris aussi pourquoi je ne me souvenais que de ces « interférences » de la sage-femme. En effet, lorsque je me retrouvais seule, j’étais comme « débranchée », les seules occasions de me reconnecter au monde extérieur, dans une modalité rationnelle, ayant été précisément ces interventions.

C’est ainsi, à la lecture du récit de mon amie où j’ai vu comme le miroir de toutes les interventions que j’avais moi-même subies, qu’est née cette évidence que, aussi discrète, aussi silencieuse, aussi respectueuse des besoins de la femme et du couple la sage-femme soit-elle, par sa seule présence, intentionnelle, elle « intervient », elle « assiste ».

J’ai aussi compris comment j’ai occulté un ressenti désagréable face à un interventionnisme évident, simplement en effaçant de ma mémoire « consciente » les événements s’y rapportant, et pourquoi un sentiment de malaise indéfini m’envahissait lorsque je me devais de répondre par l’affirmative à la question « alors comment ça s’est passé ? »

Je suis persuadée pour en avoir discuté avec beaucoup de personnes que notre sage-femme est sûrement l’une des moins interventionnistes qui soit à l’heure actuelle en France. Néanmoins, l’ « idée » même de sa présence et pas seulement le « fait » de sa présence modifie profondément l’ « allure » et le vécu de l’accouchement. Lorsque je parle de présence ici, je parle aussi bien de la présence actuelle que de la présence « à venir » c’est-à-dire « arrivée prochaine » de la sage-femme, comme élément « perturbant » (que cette perturbation soit néfaste ou pas du reste). J’ai lu beaucoup de récits d’accouchement non assisté où la présence de la sage-femme était programmée mais où cette-dernière est arrivée après l’expulsion. Même si « matériellement », il s’agit d’un accouchement non assisté, j’ai la sensation qu’il y a eu usurpation de terme. Selon moi, les démarches (avec ou sans sage-femme/médecin/autre « expert ») et les configurations psycho-affectives auxquelles elles aboutissent sont opposées. La présence d’une sage-femme ne peut pas permettre que se crée cet espace de possibilités créatrices, de libertés. Vraiment, l’expression « sage-femme non interventionniste » est un oxymoron. ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Oxymore ) 

C’est là que je me situe actuellement, dans cette prise de conscience de ce qui correspond exactement à l’idée que je me fais d’un positionnement dans l’autonomie. Selon mon besoin d’autonomie, la présence d’une sage-femme à domicile, c’est déjà trop. On est déjà situé dans l’intervention, on est déjà dans le risque de court-circuiter, d’orienter « le mouvement », dans le risque d’être induite dans ses comportements, d’être détournée de ses ressentis. Même quelque chose d’aspect aussi peu directif qu’une suggestion peut amener à se couper de ses sensations pour se connecter à une conscience « annexe » et étrangère de ces sensations, celle de la sage-femme, qui forcément n’est que supposition et non connaissance exacte de notre ressenti. On peut bien sûr penser avoir été totalement libre de danser sa propre danse en dépit de cette « surveillance » médicale. En ce qui me concerne, je ne le pense pas. Aujourd’hui, j’ai compris qu’une naissance libre ne pouvait avoir lieu dans les conditions de la présence de ma sage-femme. Qu’est-ce que j’entends par « naissance libre » (car la détermination de l’instant à partir duquel nous ne sommes plus libres est propre à chacun)? C’est un processus physiologique, spontané, un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur non perturbé par une intervention « intentionnelle » extérieure (je dis bien « intentionnelle » car des perturbateurs accidentels peuvent advenir). Bien sûr, l’autonomie n’est pas l’autarcie. En amont de cette expérience, il y a toute l’histoire de nos rencontres, tout le poids de notre vécu et des émotions, des ressentis et des réflexions qui le constituent, nos certitudes, nos doutes, nos « programmes », nos tentatives de nous soustraire à des programmes destructeurs. Il est difficile de ne pas être « induite » dans son vécu de l’accouchement par tout ce qui précède cet accouchement. Car nous sommes nos interactions avec l’extérieur.

Parfois, l’histoire de nos interactions passées nous a rendues incapables d’écouter notre guide intérieur et a créé le besoin de toujours s’en remettre à autrui pour décider de ce qu’il faut faire. C’est ainsi qu’au lieu d’entendre les indications quasi-infaillibles que sont nos sensations internes, nous nous retrouvons à accepter, par exemple, des positions d’expulsion inadéquates suggérées par ceux qui nous assistent. Ou encore à absorber l’angoisse ou l’inquiétude, même savamment dissimulée, de la sage-femme lorsque le travail stagne « trop » longtemps ou lorsque l’expulsion du placenta se fait attendre (notre vécu d’une durée est si différente de celui d’une autre personne).

Malheureusement, nous avons été conditionnés à démissionner de la gouvernance de notre propre corps face à l’ « expert ». La seule présence d’une sage-femme (même passive) représente donc un risque possible de démission ou d’  « oubli » de soi, est une situation potentiellement aliénante, de renoncement à son principe intérieur. C’est pour cette raison et étant consciente de ma propension conditionnée à ployer sous le rouleau compresseur de l’autorité experte, que, pour une prochaine naissance, il n’y aura pas de « professionnel » prévu à mes côtés le jour de l’accouchement et probablement pas non plus tout au long de la grossesse.

Ultime interrogation : pourquoi ce besoin d’autonomie ? est-ce à mettre en rapport avec un besoin de « performances » ? Qu’est-ce qui est réellement en jeu ici ? Pour moi, c’est principalement (mais pas seulement) un simple besoin vital et naturel de se sentir capable, forte, « vivante », se percevoir comme « puissante », sentiment de puissance si essentiel à l’élaboration de la confiance en soi et en sa capacité à être mère.

Il y a néanmoins une dernière distinction importante à faire selon moi, celle entre « être assistée » et « être soutenue ». Besoin de soutien ou besoin de radicale autarcie sont tout aussi légitimes sur le chemin de la réalisation de soi.

Dali

d.milovanovic@free.fr

Quelques ressources sur l’ANA ou la GNA (accouchement/grossesse non assistés), des sites et des listes de discussions :

Unassisted childbirth, Laura Kaplan Shanley

The power of pleasurable childbirth, Laurie Annis Morgan

http://www.unassistedchildbirth.com/ 

des récits de naissances libres en français sur le site de Sophie Gamelin :

http://www.perinatalite.info

le forum de discussion du magazine américain Mothering

http://www.mothering.com/discussions/forumdisplay.php?f=306

le forum de discussion de Laura Shanley

http://www.unassistedchildbirth.com/forums/index.php

et bien sûr, la toute jeune liste de discussion francophone GANA :

http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/gana

Posté par GEANA à 10:05 - Autour de la Naissance - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 janvier 2008

Tournez-vous, voilà, comme ça, un peu plus à gauche, c'est bien...

"J'aurais eu besoin d'une sage-femme à mon accouchement pour me dire quelles positions prendre"

Rassurez-vous, cette phrase n'est pas de moi! En réalité j'en suis atterrrée... Comment peut-on croire qu'une personne située à l'EXTÉRIEUR de notre corps sait mieux que nous quelle position adopter pour favoriser le travail qui se déroule à l'INTÉRIEUR de notre corps? Franchement ça me dépasse! C'est très triste d'être coupée de son ressenti à ce point, si banal et si triste...

J'édite pour ajouter la suite, que j'ai eu la flemme d'écrire hier...

La suite c'est moi qui dit "Mais ce n'est pas le rôle des sage-femmes, c'est toi qui sais!" Et cette femme m'a répondu que non, son corps ne savait pas :-( Pour preuve, elle m'a raconté qu'à un moment, elle sentait l'envie de pousser, et qu'on lui a dit d'arrêter car son col enflait... Voulez-vous bien me dire comment "ils" ont pu voir ça en l'observant sant interférer avec le déroulement?! Qu'est-ce que la nature a prévu, que le col enfle un peu ou que la femme en train d'accoucher se fasse introduire des doigts gantés dans le vagin?!

En terminant je copie youyoute, qui réponds aux commentaires en éditant son message ;-)

Noix_coco a écrit:

"Je lisais hier que notre instinct etait perdu en matiere d'accouchement, un peu comme l'allaitement. Si je n'avais pas eu qqun pour me montrer comment on faisait pour allaiter je n'aurais pas su (ca avait mal commence). Du coup je me pose des questions pour l'accouchement..."

GEANA:

( C'est drôle, dans les cours qu'ils proposent aux nouveaux arrivants, Emploi-Québec expliquait à mon mari qu'ici les gens sont des mangues, alors qu'en France ce sont des noix de coco! lol )

Pour en revenir à ton commentaire, c'est une question qui me travaille aussi, la part d'inné et d'acquis dans les processus naturels liés à la maternité. J'y ai beaucoup réfléchi, et voici mon hypothèse pour l'instant: notre instinct n'est pas perdu mais enfoui loin loin loin sous une grosse couche de peurs et parasites de toute sorte. L'instinct c'est fragile, facile à perturber. Déranger une femme qui accouche peut suffire à lui fermer l'accès au savoir de son corps ( pourvu que l'OSFQ ne lise pas ça sinon je suis bonne pour un procès pour pratique illégale sic ) Perturber les premiers instants mère-bébé peut suffire à brouiller l'instintif de la relation d'allaitement. Michel Odent en parle mieux que moi dans son livre "Votre bébé est le plus beau des mammifères".

J'ai eu oui-dire qu'en Chine, le meilleur médecin est celui qui a le moins de patients, alors qu'en ce moment au Québec, les médecins, débordés,  refusent de prendre de nouveaux patients!

Dans mon monde idéal, les sage-femmes montreraient aux femmes à pêcher le poisson plutôt que de leur donner tout cuit dans le bec, cad aider la femme à se défaire de ses peurs pour lui permettre d'accoucher librement: "Soyez utiles, ne vous rendez pas indispensables"...tout un programme!

Merci de ton commentaire ;-)

Posté par GEANA à 23:59 - Autour de la Naissance - Commentaires [1] - Permalien [#]

Nouveau Titre

Bonjour!

Ça fait un moment que ça me trotte dans la tête, je trouvais le titre du blog trop restrictif, j'en ai changé. Et qui sait, peut-être que ça donnera envie aux autres membres de poster quelquechose sur le sujet!

Posté par GEANA à 15:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 décembre 2007

Les échographies sont de vrais nids à bactéries

Toutes mes excuses. Dans mon précédent message je citais un extrait de revue de presse reçu sur une liste de discussion et non l'article original paru dans Le Parisien, malheureux impair de bloggeuse débutante...

Mes plus plates excuses, aux personnes et listes précédemment citées sans consentement, ainsi qu'à celles et ceux qui liront ce message.

Si quelqu'un réussi à mettre la main sur l'article original et veut partager, vous pouvez m'envoyer le lien et je le publierai.

Sur ce, Joyeuses Fêtes!

Posté par GEANA à 07:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 décembre 2007

La notion de sécurité

Quand on m'interroge sur mon choix de vivre une grossesse et un accouchement non assisté,  ce qui questionne le plus c'est ma notion de la sécurité, puisque qu'elle est assez éloignée de la norme. On me demande si j'ai eu peur, si j'ai pensé aux risques et à ma culpabilité s'il était arrivé malheur...

Je vais vous raconter une histoire. C'est celle d'un couple qui, selon les modalités du service sage-femme au Québec, se retrouve devant les possibilités suivantes: accoucher à domicile, en Maison de Naissance ou à l'hôpital. En plein travail, le couple appelle la sage-femme, qui se rend à leur domicile tout près. Constatant que le travail est déjà bien avancé, la sage-femme leur donne deux options: soit tout le monde reste au domicile, soit tout le monde se rend à la Maison de Naissance sans perdre de temps. La Maison de Naissance étant assez éloignée de leur domicile, le couple choisit, eh! non! pas d'y rester, mais de faire des excès de vitesse sur la route pour se rendre à la MdN! La notion de sécurité est déplacée, partant de la sécurité intérieure, passant par la sécurité que donne une professionnelle et son matériel, pour aboutir à la sécurité que confère un lieu inconnu! Et celà au prix de risquer sa vie en voiture! Étrange conception de la sécurité...

Et quand le malheur arrive, qu'en est-il de la culpabilité? Si je CHOISI de donner naissance accompagnée d'unE professionnelLE, et que mon enfant meurre ou garde des séquelles dues à l'accouchement, qu'en sera-t-il de ma culpabilité? Disparaîtra-t-elle en accusant le médecin, ou la sage-femme que j'aurai CHOISI? De nos jours les procès sont à la mode et tout le monde cherche un coupable, mais au fond, n'est-ce pas nous les seuls responsables de nos choix? Est-ce que quelqu'un est à l'abris de faire un mauvais choix pour lui-même ou pour sa famille, à l'abris de la maladie, de la mort? Avons nous tous perdu le sens du commun, le "bon" sens? Est-ce si difficile de s'assumer, d'assumer nos choix, de dire "j'ai choisi" plutôt que "je fais ça parce que tout le monde le fait"? Est-ce que ce n'est pas ça être adulte, être honnête avec soi-même, dire j'ai peur, prendre nos responsabilités?

Je commence en parlant sécurité et je fini en parlant responsabilité, c'est ça qu'on appelle passer du coq à l'âne? :-p

Passez une belle journée!

Posté par GEANA à 09:52 - Autour de la Naissance - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 novembre 2007

La fessée dans l'Illustré

La gifle

Par Christophe Passer, rédacteur en chef

«Ce qui étonne, à lire ces histoires d’enfance, c’est leur précision absolue, la main d’une maman ou d’un papa qui frappe, alors qu’on avait 5, 7 ou 10 ans. Ce ne sont pas des souvenirs pour rire»

Le café du Commerce y trouvera de lourds sacs de grain à moudre. Gifles et fessées aux enfants: leur utilité, leur côté inévitable ou pas, petits drames, regrets éventuels ou au contraire façon d’assumer une éducation qui soit parfois punitive et carrée. Les arguments de tout ordre résonnent ici bien souvent comme l’écho de souvenirs personnels, expériences reçues ou données, l’affaire demeurant du domaine de l’émotion.

Il faut pourtant reconnaître que cette dernière n’est pas forcément mauvaise conseillère, si l’on prend la peine de l’écouter. Par les témoignages qu’ils expriment cette semaine dans L’illustré (lire page 38), des personnalités romandes racontent des gifles reçues autrefois, et les conséquences qu’elles eurent sur la réaction face à leurs propres rejetons. Ce qui étonne, à lire ces histoires d’enfance, c’est leur précision absolue, leur réminiscence éternelle, la mémoire inscrite à jamais dans la main d’une maman ou d’un papa qui frappe, pour une colère ou une bêtise, alors qu’on avait 5, 7 ou 10 ans. Ce ne sont pas des souvenirs pour rire, quel que soit l’amusant de l’anecdote, le passionnel du scénario familial qui finit par une taloche. Ce sont des brûlures vraies, pour toujours, rougeur à la joue, la honte ou la frustration qui remontent, à chaque fois que l’on raconte. Refuser ou répéter le modèle est ensuite l’aventure de chacune et de chacun.

Il faut avoir cela à l’esprit à l’heure où une commission du Conseil national envisage, à l’exemple d’autres pays d’Europe, de condamner par une loi l’ensemble des châtiments corporels, incluant gifles et fessées. Le premier mouvement est dubitatif: qui sont ces législateurs qui entendent donner leçon jusque dans l’intime des familles? Et puis le «pétage de plombs», rare ou épisodique, menace d’évidence un jour ou l’autre tous ceux qui font le beau et si difficile métier de parent. Ne sommes-nous pas en train d’exagérer gravement, en imaginant la gifle aux enfants comme un délit?

La manière dont les giflés s’en souviennent devrait pourtant faire songer. Il n’y a rien d’anodin à coller une baffe à un enfant: la perte de contrôle est aussi une claque dans la confiance qu’il vous porte, s’en excuser en se racontant qu’il s’agissait de la seule solution ne suffit pas toujours à réparer. Il n’y a aucune bien-pensance laxiste là-dedans: juste le constat de la violence des souvenirs, de la blessure restée ouverte. Un projet de loi ne réglerait sûrement pas tout cela. Il ne transformerait rien du jour au lendemain. Mais il atteindrait déjà son but en désignant un courageux chemin d’humanité: celui qui préfère la parole aux coups. Ce ne serait déjà pas si mal.

http://www.illustre.ch/index.cfm?id=2582

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12 octobre 2007

The Glory of a Newborn Child

http://www.disney.fr/FilmsDisney/lepremiercri/

paroles de la chanson-titre du film, interprétée par Sinéad O'Connor

pour celles qui ont vécu l'ANA, allez lire l'histoire aux USA, vous me direz si vous n'avez pas pleuré!

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04 octobre 2007

En voie de se régler pour les papiers

Bonjour!

je ne sais pas trop quoi vous dire mais puisque vous êtes nombreuses à me le demander:

  • j'ai appelé le Directeur de l'État Civil lundi le 24 septembre, en demandant à ce que Carole Juneau me rappelle
  • elle m'a rappelé le lendemain, et le surlendemain je recevais le formulaire de déclaration de naissance avec une enveloppe préadressée à son attention;
  • à sa demande, la sage-femme a écrit un papier médical avec son numéro matricule, et j'ai renvoyé le tout le vendredi;
  • je devais recevoir une déclaration sur l'honneur à remplir et renvoyer avec l'autre formulaire, mais il n'y en avait pas dans l'enveloppe?!?
  • pour l'instant j'attends, je ne sais pas quoi, j'espère qu'on nous recontactera, et que ce qu'on a envoyé sera suffisant...

Voilà, ne vous inquiétez pas, tout rentreras dans l'ordre tôt ou tard, je vous tiendrai au courrant.

Posté par GEANA à 08:28 - Commentaires [1] - Permalien [#]

02 octobre 2007

Récit d'une GEANA, Grossesse Et Accouchement Non Assistés

Mardi le 2 octobre 2007

Immortel

Nous, les  mamans, sommes souvent friandes de récits de naissance. Moi la première, quand mon Accouchement  Non Assisté (ANA) en était encore au stade de projet, je parcourais la toile à la recherche de témoignages sur ces naissances dites « libres ».

Je suis maintenant passée de l’autre côté, et je sais que certaines personnes, pour avoir suivi ma grossesse sans suivi (c’est un comble! ), attendent impatiemment le récit de mon expérience. Alors voici.

J’ai menti. Je me suis choisi une Date Prévue d’Accouchement (DPA), que j’ai fixé pratiquement un mois après le terme. J’avais gardé un trop mauvais souvenir de l’anxiété de mon entourage et des tentatives de déclanchement « naturel »pour dépassement de terme lors de ma précédente grossesse. J’ai finalement accouché « dans les temps », à quarante semaines et quatre jours d’aménorrhée.

Quand je repense à ma grossesse « non assistée », un sentiment de paix m’envahit, un sourire se dessine sur mes lèvres. Malgré un début de grossesse cauchemardesque, avec trois mois de nausées sans interruption; malgré une fin de grossesse où je me trouvais physiquement très diminuée, implorant pour ma délivrance; en fait, malgré qu’on ne puisse qualifier ma grossesse d’idyllique, et de loin s’en faut, je l’ai vécue et la revit en pensée aujourd’hui comme une grande bouffée d’air pur. Ces neufs mois furent le plus beau de tous mes voyages, et j’ai l’impression que ma passagère en a hérité la confiance et la sérénité.

L’accouchement. ..

Après plusieurs semaines de pré-travail, et  500 km en voiture que j’ai terminé en contractant aux sept minutes, la poche des eaux s’est finalement rompue deux jours plus tard, soit le 18 septembre à 19h15. Moi qui quelques minutes plus tôt était encore irascible, je fus prise d’une joyeuse euphorie, rassurée par la transparence du liquide amniotique qui me donnait le feu vert pour poursuivre mon ANA . Direction la baignoire, ma petite fille m’y suit, et j’ai soudain très envie de partager ce moment avec ma grande aussi, alors je l’invite à se joindre à nous. Mon mari nous rejoint bientôt  et prend quelques photos à ma demande, après avoir épongé les premiers fluides d’une longue série…

Il alla ensuite préparer le lit : couvre-matelas et drap contour, une bâche, et un autre drap contour par-dessus, puis quelques alaises jetables.

Quand je sorti du bain, j’étais déjà dans les hautes sphères  des endorphines.  À quatre pattes, je faisais le tour de mon lit au gré des contractions : à chacune d’elle, je perdais un peu, voire beaucoup, de liquide amniotique, et je n’aimais pas la sensation d’humidité quand je m’asseyais entre deux contractions.

Et puis, je senti la première poussée, et dégelai complètement du même coup. Alors que jusqu’ici j’accompagnais les contractions de sons graves, je montai dans les aigus, en rabrouant mon mari qui tentait de me rappeler de rester dans les graves. Ce fut le début de mon chemin de croix.

Pendant plus d’une heure, je sentis mon corps pousser, et je poussai avec lui, de toutes mes forces. Mais où était mon bébé? Je tentais de le toucher avec mes doigts, de le voir avec un miroir, rien. Au début des poussées, je pouvais encore faire des allers-retours à la toilette, où je me vidais en appréciant un certain temps le confort de la position… puis, je n’eu plus le temps de me déplacer entre deux poussées. Mon mari, obsédé à l’idée de voir naître son enfant dans mes excréments, n’arrêtait pas de s’activer à changer les alaises…

Je sus que la fin de mon calvaire approchait quand je senti le besoin de me verticaliser , en invectivant mon bébé qui ne sortait pas. Dans cette position, je pu mettre ma main sur mon sexe et ralentir la sortie de cette énorme tête toute ronde. Je me rappelle encore la brûlure, puis le soulagement de tenir cette tête enfin sortie de moi. En y repensant, j’éprouve toujours de la fierté : c’est MOI qui ai attrapé mon enfant, c’est ma main qui l’a accueilli en premier, ma main qui a tenu mon périnée, ma main qui a touché son entre-jambe pour découvrir son sexe : une troisième fille! J'édite pour ajouter que c'est le papa, qui, à 23h30 heure du Québec, a réceptionné l'entièreté du paquet.

Ce n’est qu’avec cette troisième naissance que j’ai compris pourquoi on incluait la délivrance dans les phases de l’accouchement… Mon placenta, surnommé affectueusement "le beefsteak",  a mis 1h15 à sortir, ce qui me parut une éternité, tellement que je songeai à tirer moi-même sur le cordon! Je savais bien que pour mon corps il n’y avait pas d’urgence, mais ma fille du milieu, qui s’était endormie durant la poussée, s’était réveillée peu après la naissance, et elle pleurait, pleurait, car le lit était détrempé… Et ce foutu placenta qui ne voulait pas sortir, et après lequel nous attendions pour changer les draps…

Bien que je m’en doutais, je n’ai su que le lendemain soir que je n’avais pas déchiré, quand une sage-femme venue gentiment nous visiter me demanda si j’avais mal en urinant… Elle en profita pour mesurer bébé, 55cm et 35,5 de tour de tête (aoutch!). Elle la pesa aussi, dans une sorte de hamac en tissus : 4kg, comme ses sœurs! C’est là que je me suis dis « par chance qu’elle n’a pas dépassé le terme en plus, celle-là! »…

En conclusion, si j’avais à le refaire, je referais tout pareil, à un détail près : je prévoirais un plan B pour me procurer les papiers nécessaires à la déclaration de naissance… Deux de mes amies ayant obtenu leurs papiers par le biais de cette sage-femme à qui j’ai fait appel après la naissance, j’ai présumé que ce serait aussi simple pour moi… J’aurais du en discuter avec la sage-femme d’abord, durant ma grossesse.  Peut-être qu’elle aurait pu se procurer les papiers, peut-être pas, mais au moins j’aurais su à quoi m’en tenir, et ça m’aurait évité un coup de stress post-partum…

C’est ici que se termine l’histoire de mes accouchements, après trois filles nous fermons boutique, sans remords!

GEANA

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20 septembre 2007

une naissance heureuse...ou presque...

J'aurais voulu vous raconter qqch de simple, qqch de beau: une petite fille née dans sa maison avec son papa, sa maman et ses grandes soeurs.

une naissance sans assistance, par choix, faisant suite à une grossesse sans suivi.

retour à la réalité, le petit tour de passe-passe qui fonctionnait il y a à peine un an est maintenant périmé: une s-f qui se procurait le document pour les familles ayant choisi l'ANA, document qu'elle n'a pas réussi à se procurer cette fois

ma petite dernière est donc pour le moment une sans-papiers...

je sais que je peux contacter le Directeur de l'Etat Civil ( http://afar.naissance.asso.fr//declaration-quebec.pdf ), mais j'ai peur que ça prenne du temps...

le problème, c'est que nous vivons avec le seul salaire de mon mari, qui a posé son congé parental au travail. Mais sans le constat puis la déclaration de Naissance, ce n'est pas 70% d'un seul salaire qu'on aura, mais 0,0 $

je pars donc au combat, alors que j'aspirais à un repos bien mérité...

envoyez-moi un formulaire, du courage ou ce que vous voulez, tout sera bon à prendre...

Posté par GEANA à 15:41 - Commentaires [5] - Permalien [#]



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