Sans compromis

Faire le choix d'une grossesse sans aucun suivi; cheminement vers un accouchement non-assisté.

07 juillet 2007

La Révolution colostrale

La vie fait drôlement les choses parfois...

Après avoir écrit mon envie de photos-souvenirs, je suis retournée à la lecture de Votre bébé est le plus beau des mammifères de Michel Odent. Où il parle de l'ère post-photographique, de besoin d'intimité de la femme qui accouche. De la dualité du cerveau humain, qui se réconcilie à travers le chant, l'art, l'eau, la spiritualité, la santé.

Il y parle aussi de situations pathogènes typiques, créatrices de maladie, lorsque face à une menace, ni la fuite ni la lutte ne sont possibles, ce qu'il nomme état de soumission. Un peu comme le décrit Olivier Maurel, comment bousiller un système immunitaire en faisant violence à l'enfant.

Michel Odent invite à une genèse d'un homme écologique, qui aurait une attitude posituve envers la vie. Il évoque la révolution colostrale. C'était la pièce qui manquait à mon puzzle. Comment sans cela soutenir que le maternage, ou attachement parenting, contribuerait à bâtir un monde de paix? Comment comprendre que ce que certains appellent un retour à la nature n'en est pas vraiment un? Que la nature a souvent été cruelle?

Voici l'hypothèse de Michel Odent: si le colostrum a, de tout temps et presqu'en tout lieu, été considéré comme mauvais, c'est peut-être pour cultiver le potentiel d'agressivité de l'humain. En perturbant la relation mère-bébé, en perpétuant des pratiques cruelles envers le nouveau-né, on espère le rendre plus "fort", et l'amener ainsi à dominer les autres espèces...

Quand je lis "dans une société où la prolactine est rare, la satisfaction des besoins des bébés n'est pas prioritaire", je comprends mieux. Et j'y crois encore un peu plus. La prolactine est l'hormone indispensable à la sécrétion de lait par le sein, qui pousse l'animal à construire son nid, déclanche les comportements de défense agressive caractéristiques des femelles qui allaitent, réduit la libido, tend à engendrer des états de subordination ( permet une disponibilité maximale vis-à-vis des demandes du bébé ) et un certain degré d'anxiété ( capacité de vigilance accrue et tendance à ne pas atteindre les phases de sommeil profond )

Ma révolution, encore plus porteuse de sens, a maintenant un nom; merci monsieur Odent!

Et une citation, pour finir en beauté:

"Il est de bon ton de mettre l'accent sur le besoin d'aide, sur le besoin d'accompagnement, et de sous-entendre que par elle-même une femme ne peut pas accoucher."

Posté par GEANA à 09:10 - Autour de la Naissance - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire