Sans compromis

Faire le choix d'une grossesse sans aucun suivi; cheminement vers un accouchement non-assisté.

31 juillet 2007

Harcèlement moral

DÉFINITION DU HARCÈLEMENT MORAL RETENUE PAR HMS (HARCELEMENT MORAL STOP)

http://www.hmstop.com/

Toute conduite abusive, de tout supérieur hiérarchique ou collègue, qui pendant une durée certaine se manifeste par des comportements, des actes, des paroles, des écrits, répétés, visant systématiquement la (les) les même(s) personne(s), portant ainsi gravement atteinte à sa personnalité, son intégrité psychique, tendant à rendre impossible le maintien de son emploi en dégradant volontairement ses conditions de travail.


La vie est drôlement faite parfois: tandis que d'un côté je m'investissais de mon pouvoir afin de vivre ma grossesse et mon accouchement librement, de l'autre je l'abandonnais aux mains de collègues peu scrupuleuses usant de harcèlement moral (!) Pour le reprendre, j'ai du renoncer à un projet que je portais depuis des années, la mise sur pied d'une association. Vivre du HM dans le milieu associatif, c'est possible?

Marie-France Hirigoyen, auteure de Le Harcèlement moral: la violence perverse au quotidien, écrit: «la violence la plus terrible» se rencontre là justement dans ces associations à but pourtant humanitaire. «À
cause des enjeux de pouvoir, ces milieux concentrent des pervers.» C'est-à-dire un ramassis d'individus qui essaient de façon, non seulement insidieuse mais délibérée, d'écarter de leur chemin celui ou celle qui les
gêne.

«Et pourtant, la victime d'un pervers n'est ni faible, ni masochiste. Elle a été choisie parce qu'elle était tout
simplement là, par hasard, au mauvais moment, au mauvais endroit. Contrairement aux idées reçues, elles sont des personnes pleines de vitalité, de compassion et de désir d'aider les autres. Elles ont, par
ailleurs, souvent tendance à se remettre un peu trop en question et à se laisser culpabiliser. Je dirais peut-être qu'elles ne sont pas assez perverses! Elles n'imaginent pas que leur harceleur agit ainsi uniquement parce qu'il a envie de se débarrasser d'elles. C'est très difficile à imaginer que quelqu'un vous veut
du mal.»

"Le mobbeur utilise les faiblesses de l'autre et l'amène à douter de lui-même afin d'anéantir ses défenses, affirme Marie-France Hirigoyen. Par ce procédé insidieux de disqualification, la victime perd progressivement
confiance en elle, et parfois même est tellement confuse qu'elle peut donner raison à son agresseur: "Je suis nul, je n'y arrive pas, je ne suis pas à la hauteur!" La destruction se fait ainsi d'une façon extrêmement
subtile jusqu'à ce que la victime elle-même se mette dans son tort."

"J'ai dû partir comme une voleuse, comme si moi, j'étais en tort."

"Ce qu'on entend par mobbing, ou harcèlement moral? Toute conduite abusive, se manifestant notamment par des comportements, des paroles, des actes, des gestes ou des écrits, pouvant porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l'intégrité physique ou psychique d'une personne. En d'autres termes, le mobbeur disqualifie, discrédite, rabaisse l'autre pour gagner une bonne estime de lui. Il empêche la victime de s'exprimer, l'interrompt, ne lui répond pas ou vaguement. Il refuse net confrontation et négociation."

"Le pervers ne peut exister que par acte de prédation, en "cassant" quelqu'un. Il est souvent admiré, car ne se remettant jamais en question, il n'a pas d'états-d'âme. Il apparaît ainsi, intouchable et d'une force inouïe. Sa force réside également dans le fait qu'il se persuade et persuade autrui (il connaît toutes les techniques diplomatiques ou manipulatrices), qu'il agit pour le bien de sa victime, ou pour en protéger la collectivité qu'il a en charge. Il fait de lui un assassin au-dessus de tout soupçon et se rend ainsi coupable de crimes parfaits !

La victime-type étant précisément celle qu'on imagine forte, par sa volonté et parfois son acharnement à essayer de s'en sortir seule. Il s'agit souvent d'une personne sûre d'elle, perfectionniste, entière, et qui ne pense pas que ce type de manipulation puisse exister. Son bourreau la veut ainsi, car la lutte doit être à la hauteur de ses ambitions et qu'il ne supporte pas le bonheur ou la réussite d'autrui.

"Le pervers narcissique" abuse de ses fonctions et du crédit qu'on lui attribue. Sa volonté est d'obtenir le pouvoir à n'importe quel prix. Il en fait un sport, un but en soi, une raison de vivre. C'est chez lui, une seconde nature, un mode de vie. Il vampirise ses victimes pour exister. L'Autre lui sert uniquement de marchepied ou de faire-valoir pour arriver à ses fins. Il fait régner la terreur et le mensonge, et ses attaques sont subtiles et invisibles aux yeux de l'entourage. Il divise pour mieux régner. Il érige des barrières autour de sa victime, l'isolant, faisant le vide autour d'elle. Le système est minutieusement mis en place. Gagnant du terrain pas à pas, le bourreau fera passer sa victime pour folle, si celle-ci se rebelle. Il la pousse d'ailleurs à réagir violemment, afin d'entériner ce dont il l'accuse : il est victime d'une provocatrice, d'une hystérique (selon un diagnostic imparable). Il se référe à des tableaux cliniques bien connus, qu'il a pris soin de mettre en scène. Comme il ne laisse aucun témoin de ses attaques discrètes, de ses paroles subliminales ou contradictoires, aucun témoignage ne sera possible. Il se constitue d'ailleurs un réseau d'alliés qu'il persuade de sa bonne foi. C'est sa (bonne) parole contre la vôtre. Pour le harcelé, la seule issue devant une telle solitude et une telle incompréhension de l'entourage, peut être la paranoïa ou la mort."

Qui sont les harcelés ?
Contrairement aux idées reçues, les harcelés ne sont pas des faibles. Bien souvent, au contraire, se sont des gens qui ont un petit quelque chose en plus. Les cibles privilégiées sont les femmes enceintes, les délégués syndicaux et les personnes de plus de 50 ans. Les femmes sont davantage harcelées dans un registre sexiste. Le harceleur est soit un collègue, soit un supérieur hiérarchique. De tout temps, il y a eu des êtres dépourvus de scrupules, calculateurs, manipulateurs, mais la multiplication actuelle des actes de perversité dans les familles et dans les entreprises est un indicateur de l’individualisme qui domine notre société. Dans un système qui fonctionne sur la loi du plus fort, du plus malin, les pervers sont rois. Quand la réussite est la principale valeur, l’honnêteté paraît faiblesse et la perversité prend un air de débrouillardise…

J'ai fait un copier-coller des extraits qui me paraissaient significatifs, représentatifs de ce que j'ai vécu, à partir des liens du site http://hirigoyen.free.fr/index.htm .J'ai enfin mis des mots sur mes maux.

Posté par GEANA à 17:48 - Varia - Commentaires [4] - Permalien [#]

Ne m'envoyez pas ce genre de message!

"je tombe sur votre blog par hasard et je ne peux m'empêcher de vous écrire .
ma fille a eu un souffle au coeur , s'il ne l'avaient pas vu à l'échographie elle serait morte dans les deux premiers jours de sa vie .
je pense que vous avez eu pas mal de remarques énervantes mais on peut sauver pas mal de nourrissons grâces à l'échographie ."

Si, vous pouvez vous en empêcher! Chacun est responsable de sa vie, vous n'avez pas à m'importuner avec vos peurs. Si vous avez besoin d'en parler, allez voir un psy, ils sont là pour ça.

J'en profite pour rappeler que les messages anxiogènes ne sont pas bienvenus sur ce blog, n'en laissez pas dans les commentaires mais surtout n'en envoyez pas en cliquant sur Contactez l'auteur , l'auteure c'est moi et ça ne m'intéresse pas! Il y a des tas d'endroits pour ça sur le web, des forums grands public qui se nourissent de la peur. Ou lisez plutôt des études, allez voir dans mes liens Périnatalité, tapez échographie dans un moteur de recherche.

Une femme enceinte c'est fragile, JE suis fragile, à fleur de peau, sur-réactive. Je revendique le droit d'être ménagée, le droit de pouvoir buller en paix.

Posté par GEANA à 15:34 - Varia - Commentaires [4] - Permalien [#]

Des nouvelles de moi

Bonjour!

Décidément, je ne sais pas ce que je veux! J'ai délibérément choisi de rester vague sur le "terme" de ma grossesse, mais là je voudrais me faire plaindre un peu! Je suis fatiguée comme à sept mois de grossesse, mais dans mon entourage ça fait les malins en décomptant à partir de ma DPA fabriquée, soit mi-octobre! Et impossible pour moi de parler de cette date, marquée à mon calendrier, des 37SA qui approchent, et qui marquera la fin du risque de prématurité... Le revers de la médaille, en quelque sorte, auquel je n'avais pas pensé!

Sinon mes parents sont venus passer le w-e, et mon père a lâché en plein repas: "Mais qu'est-ce qui arrive s'il a le cordon autour du cou?" On a donc tenté de les rassurer sans trop rentrer dans les détails, ma mère ne disait rien, et heureusement le sujet a été vite clos!

En écrivant j'ai eu un flash, si ma mère l'a dit à mon père, elle a pu le dire à d'autres... je viens donc de l'appeler: trop tard, toute la famille a été mise au courant! J'en ai marre qu'elle raconte toute ma vie sans permission!!! Le pire c'est que j'ai fait des mises au point avec elle plusieurs fois par le passé: ce que je lui dit ça reste entre nous, c'est pas compliqué, merde!

Bon, j'ai appelé mon mari, ça m'a bien calmée   :-) J'ai coupé le téléphone, mon mari récupère notre grande fille chez eux demain, il en profitera pour remettre les pendules à l'heure. 

A suivre...

Posté par GEANA à 10:37 - Cher Journal - Commentaires [3] - Permalien [#]

23 juillet 2007

Les dangers de l’accouchement libre

( on en discute sur la MAMANliste http://www.groupemaman.org/listes.html )

Avis aux médias

Assemblée clinique annuelle de la SOGC, Ottawa, 21 au 26 juin 2007

OTTAWA - Un groupe restreint mais inquiétant de promoteurs de l’accouchement « par soi-même » présentent l’accouchement à domicile sans aide comme une option tout à fait naturelle. Il s’agit d’un choix empreint de danger et de controverse.

À l’échelle mondiale, plus de 500 000 femmes meurent chaque année des suites de complications liées à l’accouchement. Cette statistique donne à réfléchir, compte tenu du fait qu’il s’agit d’un processus on ne peut plus naturel. Toutefois, bien que la plupart de ces décès surviennent dans des pays comptant parmi les moins développés, où les femmes n’ont qu’un accès limité (voire même inexistant) aux installations et aux ressources de soins de santé, les professionnels de la santé craignent que le nombre de femmes mourant des suites de complications augmente dans des pays développés comme le Canada en raison de l’intérêt croissant à l’égard de l’accouchement libre.

Cette pratique a récemment attiré l’attention des médias au Canada, alors que certaines personnes l’ont présentée comme étant une option acceptable pour les femmes enceintes cherchant à vivre un accouchement « naturel ».

La position de la Société à ce sujet est sans équivoque. « La SOGC est tout à fait en faveur de l’accouchement naturel; cependant, les données montrent sans l’ombre d’un doute qu’il est préférable que l’accouchement se déroule en présence d’un soignant qualifié, » indique le Dr Donald Davis, président sortant de la SOGC. « Que vous accouchiez à domicile en présence d’une sage-femme autorisée ou en milieu hospitalier en présence de professionnels de la santé formés, le fait de pouvoir bénéficier de l’expérience et des connaissances d’un soignant qualifié peut faire la différence entre la vie et la mort. »

Dr Vyta Senikas, vice-présidente administrative associée, ne peut qu’appuyer ces propos. « L’accouchement en l’absence d’un soignant qualifié est dangereux, point à la ligne. Les personnes qui vantent les mérites de cette option sont terriblement mal informées, et encouragent des comportements dangereux et très risqués comme s’ils découlaient d’un avis médical réfléchi. Il faut tenir compte de la source; ces personnes n’ont pas été formées en tant que professionnels de la médecine. »

Lorsque l’on considère que jusqu’à 15 % de tous les accouchements comportent des complications pouvant être fatales, on constate que les risques liés à un accouchement libre surpassent de beaucoup les avantages possibles. Les soignants qualifiés possèdent la formation nécessaire pour identifier et tenter de corriger tout problème pouvant affecter la mère et le bébé, et ce, dans les plus brefs délais, tant pendant l’accouchement que pendant la période cruciale qui suit. Choisir de donner naissance sans la possibilité de recourir à ce type d’aide pose un danger pour la mère et l’enfant, et peut entraîner des conséquences tragiques.

La pratique de l’accouchement libre fera l’objet de discussions dans le cadre de la 63e assemblée clinique annuelle de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC), se déroulant à Ottawa. Pour plus de renseignements ou pour organiser des entrevues sur ce sujet ou d’autres sujets liés à la santé des femmes, les représentants des médias sont conviés à communiquer avec :

Andrée Paige
Tel. :  613-745-2312
Cell. : 613-863-1828


À propos de la SOGC

La SOGC est l’une des plus anciennes organisations nationales de spécialité au Canada. Fondée en 1944, la Société a pour mandat de promouvoir l’excellence dans la pratique de l’obstétrique-gynécologie et la santé des femmes par le leadership, la défense des droits, la collaboration, la prise de contact et l’éducation. La SOGC représente des obstétriciens-gynécologues, des omnipraticiens, des infirmières, des sages-femmes et des professionnels paramédicaux œuvrant dans le domaine de la santé sexuelle et génésique.

http://www.sogc.org/media/advisories-20070621b_f.asp

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ok, vous pouvez rigoler maintenant :-P

Posté par GEANA à 11:48 - Autour de la Naissance - Commentaires [7] - Permalien [#]

21 juillet 2007

Profil bas pendant la troisième phase de l'accouchement

(traduction de: «Don't manage the third stage of labor!»)
par Michel Odent

[Editor's note: This article was first published in English in Midwifery Today Issue 48, Winter 1998.]

[La note du rédacteur: Originallement publié dans Midwifery Today Issue 48, hiver 1998.]

Reproduit de: The Practising Midwife, septembre 1998, Vol. 1, No. 9

Traduit de l'anglais par l'auteur

Avertissement concernant les traductions:

Midwifery Today, Inc., ne garantit pas la précision des textes publiés dans une autre langue que l'anglais, qu'il s'agisse de publications imprimées ou du contenu de ses sites internet. Cela inclut:
  • Les textes publiés à l'origine dans une autre langue que l'anglais, que ce soit dans Midwifery Today ou ailleurs.
  • Les textes publiés à l'origine en anglais et traduits par la suite dans une autre langue, que le texte d'origine ait été publié dans Midwifery Today ou ailleurs.
Il convient de toujours se reférer à l'édition en anglais pour avoir accès à la précision maximale des textes publiés par Midwifery Today.

Les journaux médicaux publient de temps à autre des études randomisées contrôlées concernant la troisième phase de l'accouchement. Les études communément appelées «Bristol trial»(1) et «Hinchingbrooke trial»(2) ont été publiées dans des journaux qui font autorité et représentent les principales références.

Dans ce type de recherche, quels que soient les détails du protocole, le «management» de la troisième phase sera «actif» dans un groupe de femmes prises au hasard (cela signifie injection d'un médicament utérotonique dans les deux minutes suivant la naissance, suivi de clampage immédiat et traction controlée du cordon). Parmi un autre groupe le «management» sera qualifié de «physiologique» (Bristol trial) ou appelé «management» dans l'expectative (Hinchingbrooke trial).(2) L'objectif principal est d'évaluer les risques d'hémorragie.

Le fait important est que dans un groupe comme dans l'autre la troisième phase est dirigée («managed»). En fait il y a incompatibilité entre les mots «physiologique» et «management». De plus, quel que soit le protocole, la définition de «management dans l'expectative» est purement négative (pas de médicaments utérotoniques et pas de clampage immédiat du cordon). Or ceux qui ont une bonne compréhension de la physiologie pensent aux facteurs qui peuvent positivement influencer la sécrétion d'ocytocine par l'hypophyse postérieure. Ces facteurs ne sont pas inclus dans les protocoles, alors que les effets des substituts pharmacologiques sont étudiés en détail.

Ce qu'il faudrait étudier

L'un des principaux facteurs que les chercheurs devraient prendre en considération est le confort thermique, parce que si la mère a froid, cela accroît les taux d'adrénaline. Les taux d'adrénaline influencent les risques d'hémorragie. Il ne s'agit pas là de connaissance purement empirique. Une équipe japonaise a étudié les taux d'adrénaline pendant les différentes phases de l'accouchement par une méthode non-invasive(3) (un patch analysant les microvibrations cutanées au niveau de la paume de la main). Cela a permis de confirmer les données d'études mesurant les taux d'adrénaline au moyen d'un cathéter veineux à demeure.(4) L'équipe japonaise a clairement démontré que les hémorragies de la délivrance vont de pair avec des taux élevés de catecholamines. Pour certaines sages-femmes expérimentées il est de plus évident qu'un croisement des regards et un contact de peau a peau non perturbés entre la mère et le nouveau-né influencent l'équilibre hormonal maternel, et en particulier les sécrétions d'ocytocine.

Ce que j'ai appris par des décennies de pratique.

Au fil des années j'en suis arrivé petit à petit à la conclusion que les hémorragies de la délivrance sont presque toujours la conséquence d'une interférence inappropriée. Elles seraient extrêmement rares si un petit nombre de règles très simples étaient prises en considération. Je suis tellement convaincu de la valeur de ces règles qu'il m'est arrivé deux fois d'accepter une naissance à la maison alors même que l'accouchement précédent avait été suivi de délivrance artificielle et de transfusion sanguine.

Je profite de cette occasion pour résumer mon attitude pendant la troisième phase de l'accouchement, afin de souligner la différence avec les attitudes qualifiées d'expectatives ou de physiologiques dans les études randomisées.

Dans des conditions physiologiques, la plupart des femmes ont tendance à se verticaliser au moment même de la naissance (effet probable d'un pic d'adrénaline).(5) Elles peuvent être, par exemple, à genoux ou debout appuyées sur quelque chose. Après un accouchement sans médicaments, quelques secondes suffisent pour entendre et voir que le bébé est en bon état. La première préoccupation est que la pièce soit suffisamment chaude. A l'hôpital de Pithiviers il suffisait de tirer sur un cordon pour activer des lampes chauffantes. Dans le cas d'une naissance à la maison je ne donne pas une liste de ce qu'il faut préparer; je ne parle que d'un radiateur portable que l'on peut brancher n'importe où et n'importe quand (en ajoutant des détails pratiques, tels le besoin d'avoir une rallonge). Grace au radiateur il est possible, en quelques secondes, de disposer de couvertures ou de serviettes chaudes et ainsi de couvrir la mère et le bébé.

Alors mon principal souci est que la mère ne soit pas distraite et ne se sente pas observée. Je m'assure qu'elle se sent libre de tenir son bébé, de regarder ses yeux et de le sentir. Il est plus facile d'éviter les distractions si la lumière est tamisée et si le téléphone est débranché. J'attire souvent le père du bébé (ou toute autre personne qui pourrait se trouver là) dans une autre pièce afin d'expliquer que cette première interaction entre la mère et son bébé ne se reproduira jamais et qu'il ne faut pas la perturber. Beaucoup d'hommes ont tendance à rompre l'atmosphère sacrée qui peut faire suite à une naissance non perturbée.

Pendant l'heure qui suit la naissance je garde un profil bas, volontiers assis dans un coin derrière la mère et le bébé. Quelques minutes après la naissance beaucoup de mères ne sont plus à l'aise en position verticale. Cela correspond vraisemblablement au moment où les taux d'adrénaline s'abaissent et où la mère ressent des contractions qui annoncent la séparation du placenta. Alors il peut être utile de tenir le bébé pendant que la mère trouve une position confortable, presque toujours couchée sur le côté. Il n'y a alors plus d'excuses pour s'immiscer dans l'interaction mère—bébé.

Pendant une heure je ne me pose pas de questions concernant le cordon et le placenta. Couper le cordon quand il cesse de battre n'est pas nécessaire; cela implique que quelqu'un guette le bon moment pour agir. Il n'y a pas de raisons de couper le cordon avant la délivrance du placenta. Suggérer à la mère une position est une autre distraction inutile. La position est influencée le taux d'adrénaline. Quand le taux d'adrénaline est bas et que la mère éprouve le besoin de s'allonger, il serait cruel de suggérer une position verticale.

Au cas où le placenta ne serait pas encore délivré, c'est seulement une heure après la naissance que j'ose distraire la mère afin de vérifier sa séparation de l'utérus, par une manœuvre bien connue des sages-femmes. En fait le placenta est alors toujours soit délivré, soit séparé de l'utérus, si la troisième phase de l'accouchement n'a pas été dirigée et si l'atmosphère sacrée n'a pas été perturbée.

Troisième phase et piscine d 'accouchement

Dans le cas particulier de l'utilisation d'une piscine d'accouchement, il convient d'abord de souligner que la plupart des femmes éprouvent le besoin de sortir de l'eau pour les toutes dernières contractions précédant la naissance du bébé(6) de sorte que dans ces cas la troisième phase se déroule sur la terre ferme. Si la femme n'a pas eu le temps de sortir de la piscine, cela signifie qu'il y a eu un puissant «réflexe d'éjection du fœtus»(7) et que le placenta se détachera probablement en quelques minutes. C'est alors que le besoin de sortir de l'eau se fera habituellement sentir.(8) C'est seulement lorsque la naissance dans l'eau a été planifiée que la situation peut être plus difficile. L'immersion dans l'eau à la température du corps rend les contractions plus efficaces pendant une heure ou deux; ensuite celles ci peuvent s'affaiblir.(9) La femme qui a planifié une naissance dans l'eau devient la prisonnière de son projet et le bébé risque de naître quand les contractions sont devenues moins efficaces; elles le seront encore moins pour la délivrance du placenta.

Pays développés et pays en voie de développement.

Ces considérations sur les processus physiologiques dans la période périnatale s'appliquent aussi aux pays en voie de développement, avec leurs taux élevés de mortalité maternelle. Les hémorragies de la délivrance représentent une cause majeure de mortalité dans le tiers monde, là où le premier contact mère-bébé est puissamment perturbé par des croyances et des rituels. Par exemple la croyance selon laquelle le colostrum est mauvais va de pair avec une séparation précoce de la mère et du bébé.

Biais

Quel que soit le pays considéré, les résultats de telles études randomisées contrôlées sont d'intérêt limité pour celles qui ont acquis une bonne compréhension de la physiologie de l'accouchement. En effet, dans ces études, les processus physiologiques sont fortement perturbés aussi bien dans les groupes d'étude que dans les groupes contrôle. De plus les biais sont nombreux. Par exemple, dans le «Hinchingbrooke trial» le nombre de femmes qui ont refusé de participer à l'étude (976) était supérieur au groupe «management dans l'expectative» (764) et au groupe «management actif»(748). De plus 243 femmes ont été éliminées de l'étude parce que leur concentration d'hémoglobine était inférieure à 10 g/dl,(10) alors même que les résultats d'études portant sur de grands nombres indiquent clairement que des concentrations de 9 à 9.5 g/dl vont de pair avec des statistiques périnatales idéales (elles traduisent une bonne expansion du volume sanguin).

L'avenir

Le «management actif», aujourd'hui très répandu, entretien la croyance selon laquelle les femmes n'ont pas la capacité de sécréter leur propre ocytocine. Il convient de s'inquiéter sérieusement des effets possibles à long terme sur nos civilisations de l'utilisation systématique de substituts de l'ocytocine pendant la troisième phase. Il semble que, dans les milieux médicaux, on ait des difficultés à prendre conscience des effets comportementaux de l'ocytocine, que l'on a appelée «l'hormone de l'amour». Quelle que soit leur perspective, les scientifiques qui étudient le développement de la capacité d'aimer donnent une grande importance à la période périnatale qu'ils qualifient de «critique» ou de «sensible». A propos de l'être humain il convient de toujours penser en termes de civilisation.

Michel Odent est habituellement présenté comme l'obstétricien qui a introduit les concepts de piscines d'accouchement et de salles de naissance «comme à la maison», lorsqu'il était responsable du service de chirurgie et de la maternité de l'hopital public de Pithiviers. Apres sa carriere hospitaliere il a assisté à des naissances à la maison et créé à Londres le «Primal Health Research Centre», dont l'objectif est d'étudier les consequences à long terme des experiences précoces. Voir la banque de données: www.birthworks.org/primalhealth.

Auteur d'environ 50 articles dans la litterature médicale. Auteur de 11 livres publiés en 21 langues. Ses derniers livres en français sont L'Amour Scientifié, Le fermier et l'accoucheur et Les césariennes: questions, effets, enjeux.

Références

  • Prendeville, W., et al. 1988. L'étude Bristol sur la troisième phase: la gestion active versus la gestion physiologique de la troisième phase du travail. (The Bristol third stage trial: active versus physiological management of the third stage of labour.) BMJ 297: 1295–300.
  • Rogers, J., et al. 1998. La gestion active versus la gestion dans l'attente de la troisième phase du travail: l'étude randomisée et contrôlée d'Hinchingbrooke. (Active versus expectant management of third stage of labour: the Hinchingbrooke randomised controlled trial.) Lancet 351: 693–99.
  • Saito, M., T. Sano and E. Satohisa. 1991. Les catécholamines plasmatiques et les micro vibrations dans la progression du travail. (Plasma catecholamines and microvibration as labour progresses.) Shinshin-Thaku 31: 381–89. (Also presented at the Ninth International Congress of Psychosomatic Obstetrics and Gynaccology. Amsterdam 28–31 May 1989 (Free communication no. 502).
  • Lederman, R.P., et al. 1978. La relation entre l'anxiété maternelle, les catécholamines plasmatiques et le cortisol plasmatique dans la progression du travail. (The relationship of maternal anxiety, plasma catecholamines and plasma cortisol to progress in labour.) Am J Obstet Gynaecol 132: 495–500.
  • Odent, M. 1990. La position lors de l'expulsion. (Position in delivery.) Lancet (May 12): 1166 (letter).
  • Odent, M. 1983. L'accouchement sous l'eau. (Birth underwater.) Lancet (Dec 24): 1476–77.
  • Odent, M. 1987. Le réflexe d'éjection fœtal. (The fetus ejection reflex.) Birth 14: 104–5.
  • Odent, M. 1998. L'utilisation de l'eau durant le travail—recommandations mises à jour. (Use of water during labour)—updated recommendations. MIDIRS Midwifery Digest 8(1): 68–69.
  • Odent, M. 1997. Est-ce que l'immersion dans l'eau peut arrêter le travail? (Can water immersion stop labour?) J Nurse-Midwifery 42(5): 414–16.
  • Odent, M. 1998. La gestion active versus la gestion dans l'attente lors de la troisième phase du travail. (Active versus expectant management of third stage of labour.) Lancet 351: 1659 (lettre).

http://www.midwiferytoday.com/articles/3rdstagefr.asp

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Fwd: [lettre-perinatalite] Colloque Feminisme et Naissance

----- Forwarded message from sophie.gamelin@... -----
Date: Fri, 20 Jul 2007 11:52:34 +0200
From: Sophie Gamelin <sophie.gamelin@...>
Reply-To: lettre-perinatalite-owner@...
Subject: [lettre-perinatalite] Colloque Feminisme et Naissance
To: lettre-perinatalite <lettre-perinatalite@...>

Attention : inscription à tarif réduit jusqu'au 31 juillet 2007.

----- Faire suivre -----

3e colloque national de la Société d'Histoire de la Naissance

« FEMINISME ET NAISSANCE »

Châteauroux -- 22-23 septembre 2007

Ce troisième colloque se propose d'étudier à la fois, dans l'histoire et
dans le présent, la place des femmes et des revendications féministes
dans les évolutions de la mise au monde. Historiquement, les mouvements
de revendication des droits des femmes ont connu plusieurs phases. À la
fin du XIXe siècle, les militantes ont demandé pour les femmes des droits
déjà obtenus par les hommes (droit de vote, droit à l'éducation) et des
droits spécifiques (congés de maternité, primes d'allaitement). À partir
des années 1950 et 1960, sous l'inspiration du livre culte de Simone de
Beauvoir, « Le Deuxième sexe », se développe un mouvement féministe «
égalitariste » puissant, revendiquant dans ses luttes la liberté de la
contraception et de l'avortement, c'est-à-dire le droit de ne pas
enfanter ; la maternité est alors considérée comme une contrainte, voire
un esclavage.

C'est seulement dans un deuxième temps, avec la montée à partir des
années 1970, du courant « différentialiste » du féminisme, que
l'expérience de la grossesse et de l'enfantement est réévaluée
positivement, comme une source de jouissance et de puissance pour les
femmes.

La naissance n'a jamais été au coeur des mouvements et des études
féministes. Ce colloque propose de s'interroger sur les raisons de cet
évitement et d'étudier, depuis le XIXe siècle, cet impensé de l'histoire
du féminisme.

Où en est-on aujourd'hui ?

Le mouvement féministe est devenu moins virulent, car ses revendications
traversent l'ensemble de la société, même si l'égalité n'est pas encore
là. Sur le front de la naissance, il semble bien que la plupart des
femmes n'aient pas encore pris conscience que, sous prétexte de sécurité
et de lutte contre la douleur, le pouvoir médical leur a confisqué une
partie du pouvoir qu'elles avaient sur leurs grossesses et leurs
accouchements.

À l'imitation de celles qui ont voulu autrefois se battre pour le droit à
la contraception et à l'avortement, les femmes d'aujourd'hui, avec l'aide
des sages-femmes, ne devraient-elles pas se mobiliser pour obtenir de
mettre au monde comme elle l'entendent ?

Voir le programme détaillé :

http://wiki.naissance.asso.fr/index.php?pagename=FeminismeEtNaissance

Renseignements et inscriptions :

Association « Quelle Naissance », 185 Bld de Cluis, 36000 Châteauroux
Tél. 06 08 77 01 69

Adressez 2 chèques de 75 euros libellés « quelle Naissance ». Le premier
sera saisi fin juillet, le deuxième fin septembre.

Tarif jusqu'au 1er août : 150 euros, puis 180 euros passée cette date. Ce
tarif comprend les travaux et débats, les trois repas, la soirée ballet
théâtre et le repas dansant de ce colloque très convivial.

Posté par GEANA à 07:52 - Événements - Commentaires [4] - Permalien [#]

13 juillet 2007

Par où passe l'autonomie?

Si la grossesse et l'accouchement non-assisté sont un cheminement, par où passe ce chemin? Si être parent ça s'apprend, mais que la transmission d'expérience d'une génération à la suivante ne se fait plus?  Quelle part ne peut émerger que de nous, et quelle part ne s'aquierre que par imitation? L'accouchement? l'allaitement? le portage? les soins? Où sont les manques, et comment y suppléer? Comment éviter de créer de faux besoins?

Quelqu'un pour venir prendre le thé avec moi?

Posté par GEANA à 18:20 - Autour de la Naissance - Commentaires [7] - Permalien [#]

09 juillet 2007

Je l'ai dit à ma mère

Je n'ai pas eu le choix: elle m'a posé la question, et je ne sais pas mentir. J'ai bien essayé de changer de sujet, d'éluder la question comme je l'avais déjà fait, rien à faire.

-est-ce que c'est lui [mon mari] qui va t'accoucher?

-est-ce qu'il a l'air d'un accoucheur? lol

-non, mais est-ce que tu as une sage-femme?

-pourquoi veux-tu savoir ça?

-pour me rassurer.

-es-tu sûre que ça va te rassurer?

-oui, je veux savoir, as-tu une sage-femme?

-non

-pourquoi?

-parce que je n'ai pas été pleinement satisfaite de mon expérience avec des sages-femmes, qu'elles ont posé des gestes potentiellement dangereux... et que je me sens bien avec mon choix.

-et les filles?

-elles seront avec nous.

-la dernière n'est pas trop jeune?

-au pire le papa partira avec elle?

-et tu accoucheras toute seule?

-ben oui, j'ai besoin de personne pour accoucher.

-...

Suite à quoi j'ai (enfin!) pu changer de sujet :-)

Pour le moment je suis assez contente d'avoir "craché le morceau", même si je garde un fond d'anxiété: que fera-t-elle de ces données, ma mère si inquiète de nature?

Posté par GEANA à 09:01 - Cher Journal - Commentaires [2] - Permalien [#]

07 juillet 2007

La Révolution colostrale

La vie fait drôlement les choses parfois...

Après avoir écrit mon envie de photos-souvenirs, je suis retournée à la lecture de Votre bébé est le plus beau des mammifères de Michel Odent. Où il parle de l'ère post-photographique, de besoin d'intimité de la femme qui accouche. De la dualité du cerveau humain, qui se réconcilie à travers le chant, l'art, l'eau, la spiritualité, la santé.

Il y parle aussi de situations pathogènes typiques, créatrices de maladie, lorsque face à une menace, ni la fuite ni la lutte ne sont possibles, ce qu'il nomme état de soumission. Un peu comme le décrit Olivier Maurel, comment bousiller un système immunitaire en faisant violence à l'enfant.

Michel Odent invite à une genèse d'un homme écologique, qui aurait une attitude posituve envers la vie. Il évoque la révolution colostrale. C'était la pièce qui manquait à mon puzzle. Comment sans cela soutenir que le maternage, ou attachement parenting, contribuerait à bâtir un monde de paix? Comment comprendre que ce que certains appellent un retour à la nature n'en est pas vraiment un? Que la nature a souvent été cruelle?

Voici l'hypothèse de Michel Odent: si le colostrum a, de tout temps et presqu'en tout lieu, été considéré comme mauvais, c'est peut-être pour cultiver le potentiel d'agressivité de l'humain. En perturbant la relation mère-bébé, en perpétuant des pratiques cruelles envers le nouveau-né, on espère le rendre plus "fort", et l'amener ainsi à dominer les autres espèces...

Quand je lis "dans une société où la prolactine est rare, la satisfaction des besoins des bébés n'est pas prioritaire", je comprends mieux. Et j'y crois encore un peu plus. La prolactine est l'hormone indispensable à la sécrétion de lait par le sein, qui pousse l'animal à construire son nid, déclanche les comportements de défense agressive caractéristiques des femelles qui allaitent, réduit la libido, tend à engendrer des états de subordination ( permet une disponibilité maximale vis-à-vis des demandes du bébé ) et un certain degré d'anxiété ( capacité de vigilance accrue et tendance à ne pas atteindre les phases de sommeil profond )

Ma révolution, encore plus porteuse de sens, a maintenant un nom; merci monsieur Odent!

Et une citation, pour finir en beauté:

"Il est de bon ton de mettre l'accent sur le besoin d'aide, sur le besoin d'accompagnement, et de sous-entendre que par elle-même une femme ne peut pas accoucher."

Posté par GEANA à 09:10 - Autour de la Naissance - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 juillet 2007

La grossesse est un long fleuve tranquille...

Et ce n'est pas plus mal, si ce n'est pour alimenter un blog!

Ma grossesse est tout sauf polémique. C'est plutôt comme un accouchement à domicile dont on n'a rien à dire, tellement il s'inscrit naturellement dans le quotidien.

Quoi dire sur "ne rien faire"? ah! oui, mon cheminement! En ce moment je m'enfonce lentement mais sûrement dans ma bulle, la fatigue m'a rattrappée et m'impose un rythme plus lent, en même temps que mon souffle peine à trouver son chemin dans mon corps habité.

Pour le moment je rêve d'être accompagnée d'un/e photographe pour fixer les petits bonheur de cette grossesse sans histoire, et immortaliser sur pellicule l'accouchement... Malheureusement mon mari est farouchement opposé à cette idée, et il n'est même pas doué pour la photographie!

Impossible d'écrire avec ma mini-crampon, j'arrête ici!

Posté par GEANA à 12:02 - Cher Journal - Commentaires [0] - Permalien [#]



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