« Noix de lavage »
Ne pas répéter les erreurs du passé !

On a vu arriver sur les marchés européens, depuis quelques années,
un nouveau « produit miracle » : les noix de lavage venues des Indes
qu’on utilise aussi bien en lessive qu’en savon ou shampoing…

De quoi s’agit-il ?

De noix produites par des « arbres à savon » (Sapindus Mukorossi), actuellement sauvages, dans certains états des Indes (l’Imachal Pradesh par exemple).
Une entreprise sérieuse et bien connue du commerce équitable, nous précise qu’un « collecteur » achète les noix aux paysans, après cueillette manuelle, pour les revendre à un grossiste qui va permettre de fournir la demande locale (en incorporant ces noix à des lessives chimiques).
Que les Indiens de ces états disposent ainsi d’un produit de lavage accessible, relativement écologique, fort bien.
Qu’on développe cette activité économique pour fournir un marché européen (qui n’en demande pas tant !) pose certains problèmes éthiques, économiques et sociaux autant qu’écologiques. En effet, les conséquences économiques, sociales, humanitaires locales, à très court terme sont parfaitement prévisibles :

  • développement pour l’exportation d’une ressource vivrière sauvage
  • mise en culture, sans nécessité locale ni régionale
  • tendance à la monoculture d’exportation (type quinoa, café, thé, sucre…) et déséquilibre régional
  • déperdition des ressources similaires dans les pays importateurs (la saponaire en Europe, par exemple).
  • effet pervers d’une « mode », d’une « tendance » : d’autant plus que ces noix de lavage ont un résultat sensiblement éloigné de nos lessives européennes produites localement et sans danger pour l’environnement… Quand les bobo en auront assez des noix de lavage que restera-t-il aux Indiens de l’Himalaya… ? L’immigration vers le 9-3 ?

L’importation en Europe de ces noix de lavage (avec l’aberration écologique que constitue son transport) relève très exactement de la fausse « bonne » idée qu’on peut assimiler à du néo-colonialisme.

Dans cette optique de cohérence écologique, le Salon Asphodèle a été le premier à demander à ses exposants de ne pas y présenter ce produit…

NB1. Vous allez nous dire : pourquoi les noix de lavage et pas le thé ou le café ou… les capteurs solaires fabriqués en Chine. Nous répondrons : il faut bien commencer la réflexion par un bout… et tant qu’à faire ne pas reproduire les erreurs d’antan !
NB2. Nous avons appris également que la France avait, jadis, planté des arbres à noix de lavage dans ses colonies (Asie et Afrique)… Mais seul le climat des Indes donne à ces noix un relatif pouvoir lavant. Aussi lorsqu’un revendeur français tente de se justifier en précisant que ses noix à lui viennent… d’Afrique, on mesure encore plus l’effet mode du produit !

Marie Fougère et Jean-Marc Carité
La Maison de l'Ecologie partageant, l'analyse faite par Marie Fougère et Jean-Marc Carité (des Edition UTOVIE et du salon Salon Asphodèle), se joint à cet appel et déréférence les noix de lavage de son catalogue et de sa vente en ligne
Marianna & jean Jacques Tournon

http://www.maison-ecolo.com/precision-noix-lavage.html